Le
syndrome de fatigue chronique est né au milieu des années quatre-vingt.
Officiellement, il touche 100 000 personnes environ aux États-Unis (et
plusieurs millions d'après les associations), et il est devenu une maladie
prestigieuse parce qu'il frappe des personnalités comme la chanteuse Cher.
On a
soupçonné le président des États-Unis, Bill Clinton, d'être atteint de ce
mal mystérieux.
C'est effectivement une maladie énigmatique qui se manifeste
brutalement par l'apparition d'une fatigue, empêchant les patients de
travailler ou de mener une quelconque activité.
Elle atteint souvent les
personnes qui ont une activité très intense, comme par exemple les jeunes
banquiers new-yorkais. D'où son surnom de " grippe des yuppies ".
Mais, hormis la fatigue, qui peut durer des années, ce syndrome ne
s'accompagne pas d'autres signes : pas de baisse de l'état général, pas de
fièvre, seulement un état dépressif bien compréhensible.
Longtemps l'on a
pensé qu'il était provoqué par le virus d'Epstein-Barr, agent de la
mononucléose infectieuse. Mais il a été mis hors de cause. Récemment, l'on a
suspecté le virus de la roséole, qui engendre habituellement une maladie
bénigne de la petite enfance.
Cette théorie virale est surtout en vigueur aux
États-Unis. En France, on lui conteste encore une réalité organique
objective.
Les spécialistes préfèrent expliquer cette fatigue par le stress,
la dépression, les troubles chrono biologiques. Aux États-Unis, la dernière
piste en cours est un " pseudo sida ", parce qu'elle se manifeste par
une diminution des lymphocytes CD4, les mêmes lymphocytes qui sont attaqués
par le virus HIV. Mais pour l'instant, aucun virus n'a été découvert pour
expliquer ce pseudo sida.