Adolescence prolongée?
Non, car ce n'est pas par refus de s'engager qu'elles vivent ainsi mais
parce que, semble‑t‑il, elles idéalisent totalement l'amour et ne veulent
le vivre qu'en technicolor.
Pour Marie, le problème est ailleurs : « On
peut vivre des passions avec des gens qui ne nous correspondent pas et
avec lesquels la vie commune deviendrait vite un enfer. » Mieux vaut donc
ne pas tenter le diable et surtout garder toute son indépendance physique
à défaut de psychique!
Agathe est tout de même
un exemple extrême. Non contente de vivre une passion, elle fait aussi un
bébé. Pas un bébé toute seule (cf. Jean‑Jacques Goldman), bien que cela
soit devenu presque commun, mais véritablement à deux sans vivre ensemble:
«Avant d'être enceinte, j'étais persuadée que lui ne compterait pas
vraiment, mais depuis, j'ai pris conscience que cette aventure se menait à
50/50.» Le plus étonnant étant que ni elle ni le monsieur ne songent à
changer leur modus vivendi.
Pourtant, dans un coin
de leur tête, le syndrome «prince charmant» reste présent. Elles espèrent
«trouver l'homme qui leur fera tout quitter». «Tout» signifiant en premier
lieu leur sacro sainte liberté.
Ce qui ne veut pas dire qu'elles ne
s'accrocheront pas à leur indépendance, atout numéro un pour réussir une
vie à deux.
Là‑dessus, elles sont toutes d'accord, même Agathe: « Lorsque
l'on vit à deux, on se livre plus facilement. A force de s'écouter
larmoyer, on encombre sa vie de détails terre à terre qui détruisent le
respect de chacun.
L'important est donc de
préserver son jardin secret.
Marie a vécu sept ans avec un ami, puis ils
se sont séparés: « Je vivais un amour d'adolescente. Je ne pouvais
raisonnablement fonder ma vie dessus. J'ai eu envie de partir loin, pour
m'affirmer au niveau professionnel et personnel. J'avais besoin
d'aventure. »
Ce besoin, elle l'éprouve toujours, étant prête à tout
quitter pour vivre quelque chose de nouveau. Elle a réussi à trouver un
équilibre dans sa vie. Une ligne de conduite qui lui dicte de prendre les
événements comme ils viennent: «That, that is, is, that, that is not, is
not» (Voilà, ce qui est, est, ce qui n'est pas n'est pas).
Alors si
l'homme de sa vie se présente, elle le suivra, tout en gardant une soupape
de sécurité! L'amour, elles y croient, même s'il ne rime plus avec
toujours.
Elles sont exigeantes,
pour leur bien‑être et celui de leur futur couple. Elles ont toutes leur
«truc» qui préservera intacte l'idylle naissante, mais qu'elles ne
gaspillent pas pour le premier venu.
Seule oui, mais loin
d'être désespérée ! Messieurs, à bon entendeur, salut !