Les enfants qui interviennent dans les
disputes.
Les enfants protègent l'élément fragile du
couple, et c'est le parent le plus agressif qui est perçu comme le plus
faible. Ils jouent avec les images parentales et, si paradoxal que cela
puisse paraître, les enfants y apprennent des jeux de rôles qui leur
seront utiles pour affronter les agressions de la vie quotidienne.
Ces
rôles se transmettent de génération en génération. On peut même dire qu'il
existe des lignées de « disputeurs », et il existe des familles de
grands‑pères furieux et de grands‑mères acariâtres.
Faut-il donc se disputer devant les
enfants ?
Ce qui inquiète le plus les enfants, ce sont
des parents qui ne se disputent jamais. S'il fallait l'illustrer par un
exemple, l'agressivité doit nécessairement s'exprimer; elle explosera tôt
ou tard comme le fait un volcan. Mais il peut s'agir d'un volcan comme le
Stromboli qui crache à intervalles réguliers ses jets de lave, et c'est
quand même rassurant de pouvoir le prévoir, pour s'en prémunir.
A l'inverse, prenez un volcan comme le Vésuve,
qui semble assoupi et ne signale son activité que par des fumerolles; à
tout moment, il peut exploser sans prévenir. C'est une angoisse diffuse
mais permanente et, en cas d'explosion, on se trouvera complètement
démuni.
Les enfants s'adaptent mieux et craignent
moins ce qui leur est familier. La dispute conjugale est salutaire car
elle représente une soupape à l'agressivité; quelques disputes de temps en
temps représentent une situation normale que les enfants savent très bien
gérer.
Evidemment, à l'inverse, trois à quatre disputes par jour créent
toujours des situations catastrophiques.